En France, la rééducation du périnée est proposée à toute femme venant d’accoucher. Elle est remboursée par la Sécurité Sociale à hauteur de 10 séances, quelle que soit la façon dont se soit déroulée la mise au monde. Il s’agit d’une prise en charge systématique dont peu de pays peuvent se targuer !
A Dubai, les gynécologues-obstétriciens ne parlent pas spontanément de cette étape post-partum fondamentale. Il est courant d’attendre que des problèmes d’incontinence ou de pesanteur se manifestent et persistent, en particulier après une seconde grossesse, pour être envoyée chez un spécialiste. Nous faisons donc le point sur les bienfaits de cette pratique.
 
Le périnée, c’est quoi au juste ? 
 
Le périnée est un ensemble complexe de muscles superficiels et profonds, essentiels au bon fonctionnement de l’appareil urogénital. Ils soutiennent les viscères, sont directement impliqués dans la réalisation de besoins physiologiques primaires, et permettent d’avoir une sexualité épanouissante. Leur faiblesse est souvent mise en cause dans les cas d’incontinence comme dans ceux de descentes d’organes.
 
Dans quels cas faire la rééducation du périnée ?
 
Contrairement aux idées reçues, la rééducation n’est pas exclusivement destinée aux femmes ayant vécu un accouchement par voie basse difficile ou faisant l’expérience de problèmes d’incontinence et de douleurs vaginales. Les raisons pour lesquelles il est recommandé de prendre un avis médical avant de décider de s’en passer sont les suivantes :
 
Tout d’abord, le poids du bébé sur le périnée durant la grossesse tend à favoriser un relâchement musculaire, avant même que l’accouchement n’entre en jeu. Même en cas de césarienne, il n’est donc pas inutile de consulter pour s’assurer que le périnée n’ait pas été trop affecté par la grossesse.

Par ailleurs, un accouchement relativement « aisé » ou rapide peut être lié à un relâchement des tissus ou à un manque de tonicité initial. Celui-ci peut créer des inconforts et dysfonctionnements plus ou moins contraignants plusieurs années plus tard, alors même que la femme concernée se sent parfaitement normale quelques semaines après l’arrivée de son bébé.
 
Enfin, l’accouchement tend à conforter des asymétries préexistantes, que l’on soit trop tonique ou trop laxe, que l’on ait poussé longtemps ou non. L’angle de sortie du bébé, et non seulement une éventuelle épisiotomie, sont ainsi en cause.
 
Par prudence, il est donc judicieux, quelles qu’aient été les conditions de votre accouchement, de vous rendre chez un kinésithérapeute spécialisé. Celui-ci sera le plus à même de recommander le nombre de séances nécessaires (5 à 10 en moyenne si vous n’avez pas de symptômes gênants, 10 à 25 si la zone a été plus malmenée).
 
Pourquoi ne pas réaliser les exercices seule ?
 
Effectuer des contractions périnéales seule est possible, et parfois bénéfique, sur conseil médical. Mais même si vous avez la sensation que tout fonctionne « comme avant », et que vous vous sentez en mesure de réaliser des contractions du périnée tranquillement assise chez vous, voici quelques arguments en faveur d’un suivi médical :
 
- Entre la perception que vous avez de votre capacité à contracter votre périnée et votre capacité effective, il peut y avoir une différence non négligeable.
- La capacité à activer les muscles est certes essentielle, mais celle à les détendre l’est tout autant.  En particulier si vous envisagez une autre grossesse. L’aide d’un professionnel se révèlera précieuse pour apprendre la détente au même titre que l’activation.
- Un spécialiste saura déceler des asymétries pouvant générer des douleurs à court ou long terme, notamment lors des rapports. Et il pourra y remédier en vous aidant à renforcer vos muscles d’un côté plus que de l’autre.
 
Quand commencer ?
 
Il est préconisé de commencer environ 6-8 semaines après l’arrivée au monde de votre bébé. Pas de panique si vous décalez cette reprise de quelques semaines. Il faut parfois un peu de temps pour se sentir prête et à l’aise.
Et si vous n’avez pas fait votre rééducation juste après vos accouchements, et rencontrez à présent des difficultés pour vous retenir ou pour porter une protection hygiénique, tout n’est pas perdu ! Il est certes plus facile de stimuler les muscles, notamment en manuel, peu après l’accouchement, et de faciliter une reconnexion active avec la zone lors de cette période. Mais mieux vaut tard que jamais : une rééducation quelques années après vos accouchements sera plus facile à entreprendre que d’éventuelles complications à la ménopause ne seront à gérer.
 
Quelle prise en charge ?
 
La séance d’évaluation coûte en général 450 AED, les séances de suivi entre 380 et 420 AED.
Certaines assurances privées prennent en charge tout ou une partie de la rééducation. Il vous faut pour cela demander un « referral » à votre gynécologue ou votre obstétricien lors de la visite des 6 semaines postpartum.
Si vous cotisez à la CFE, vous pourrez être remboursée sur la base de dix séances de rééducation périnéales, mais au tarif français.

périnée
 
Qui consulter à Dubai ? 
 
Cela dépend de l’approche qui vous correspond le mieux et de la durée qui s’est écoulée depuis votre accouchement :
 
- Pour une approche douce mais efficace, permettant une (re)prise de contact avec chacun des muscles du plancher pelvien en isolation, rendez-vous à la Koster Clinic où exerce Olivia Faujour.
Cette française, kinésithérapeute, formée à la méthode des hypopressions abdominales par la célèbre Dr de Gasquet, privilégie la rééducation manuelle. Cependant, elle n’hésitera pas à utiliser une sonde si vous éprouvez de grandes difficultés à contracter votre périnée par vous-même. Olivia pourra également vous accompagner en cas de cicatrice gênante ou inconfortable.
Retrouvez son contact (rubrique physiothérapistes) sur la liste des médecins et professionnels de la santé francophones à Dubai !
 
- A proximité de Jumeirah Beach Park se trouve Physioart, une clinique où exerce la kinésithérapeute Hafsa Sliman. Formée au Maroc puis en France où elle a pratiqué onze années, elle s’est spécialisée dans l’accompagnement pré et post-natal et a effectué une formation spécifique avec l’Ecole Internationale de Rééducation du Plancher Pelvien. Elle privilégie en général une approche mixte. Ainsi, les séances commencent avec une évaluation manuelle et se poursuivent avec la pratique d’exercices avec biofeedback.
Retrouvez son contact (rubrique physiothérapistes) sur la liste des médecins et professionnels de la santé francophones à Dubai !
 
- Pour une approche privilégiant l’électrostimulation, orientez-vous vers Laura Barrett, kinésithérapeute formée en Angleterre. L’électrostimulation est particulièrement utile lorsque les muscles sont faibles et qu’une déconnexion entre intention et contraction effective est constatée. En cas de manque de tonicité sévère, Laura Barrett peut également vous proposer des séances de laser.

N’oubliez pas de vous inscrire à notre Newsletter du jeudi pour recevoir toutes nos actus !
 
       Petites annonces

 

Enceinte à Dubai

SEPT 20, 2017

Une fois la première émotion passée lorsque l'on apprend que l'on est enceinte, surgit ensuite la question ultime : où vais-je accoucher ? A Dubai ou en France ? Quel médecin choisir ? Dans quel hôpital ? Public ou privé ?

 

Autant d'interrogations qui suscitent des inquiétudes lorsque l'on est loin de ses repères habituels, dans un système de santé qui ne ressemble pas tout à fait à celui que l'on connaît en France, avec des avis divergents à vous rendre insomniaque !! Bien entendu, avant, on avait pris soin de se renseigner en douce auprès de ses copines, l'air de rien, espérant seulement exploiter toutes ces informations un jour ou l'autre… sauf que le jour-dit, le choix reste cornélien!
Même si, finalement, cela doit rester une décision personnelle, puisque cela tient compte de plusieurs paramètres : est-ce le premier bébé ? A-t-on de la famille prête à nous accueillir en France au moment de l'accouchement ? Est-ce pratique pour le papa ? …

En réalité, le suivi est quasiment le même que celui dont on bénéficie en France, c'est-à-dire des consultations régulières chez le médecin, que ce soit à l'hôpital ou en cabinet privé. En général, la patiente fait 3 échographies au cours de la grossesse, plus si nécessaire. En ce qui concerne les examens sanguins, ce sont à peu près les mêmes qu'en France, si ce n'est que tous les gynécologues-obstétriciens ne recherchent pas systématiquement si la patiente est immunisée contre la toxoplasmose. En cas de nécessité, il est également possible de faire une amniocentèse à Dubai, il existe des centres spécialisés.

Quoiqu'il en soit, que les femmes enceintes à Dubai se rassurent ! Plusieurs sages-femmes françaises travaillent en cabinet et en libéral et sont prêtes à les recevoir en consultation pour les guider dans leurs choix, répondre à leurs questions spécifiques.
Elles proposent également des cours de préparation à l'accouchement, en groupe ou individuels, en français ou en anglais, ainsi que du soutien après l'accouchement - notamment lorsque la maman fait le choix d'allaiter son bébé au sein -, de la rééducation périnéale, des conseils en diététique.


Laure LEWIS
Tél : 050 709 70 67



 

Bien que je connaisse beaucoup mieux Paris que Dubaï pour y avoir vécu plus de trente ans, je ne sais pas ce que c’est que d’y être enceinte. Alors qu’à Dubaï, je sais.  Notez, ce n’est peut être pas différent, mais en fait je n’en sais rien. Ce dont je suis sûre - et j’ai conscience qu’en vous le disant je brise un tabou fort - c’est que je n’aime pas être enceinte, et que je trouve même cela très dur.

 


J’entends déjà les voix s’élever contre, au choix, une obsédée par son corps, une ingrate qui a déjà la chance de pouvoir concevoir un enfant, une future mère indigne… Pourtant je vous assure, je ne suis rien de tout cela, je le pense sincèrement, et la sincérité de mon propos ici devrait vous en convaincre.

Oui j’en souffre réellement, et je ne crois pas que cela fera de moi une mauvaise mère. J’adore déjà mon enfant. Ah ça y est ! C’est horrible, je me sens obligée de me justifier ! Tant pis… Si je poussais la confidence, je vous dirais que je suis tombée amoureuse de lui. C’est quelque chose de l’ordre du coup de foudre que j’ai ressenti lors d’une des premières visions sur l’écran du médecin : un éclair, comme dans les films. Et depuis, je suis prête à jurer et même à faire jurer le médecin sous la torture, que mon enfant est le plus beau, le plus intelligent… et je le pense, en plus ! Si le penser ne fait pas de moi une bonne mère à venir, au moins serez-vous convaincus que je n’ai pas le profil de la mère indigne et dédaigneuse. Non, je prends juste conscience avec une acuité phénoménale que je vais mettre au monde une personne et que je ne suis pas assurée de la voir heureuse. Produire peut-être du malheur m’a parfois plongée dans le désespoir. « Les hormones », m’a un jour élégamment répondu une femme. Je dirais plutôt, un tabou brisé.

Pour ce qui est du corps, et bien je ne pense pas non plus en être obsédée outre mesure. Il est disons imparfait, je suis petite et pas particulièrement mince, « au repos » oserais-je dire... Bien sûr comme toutes les jeunes filles, j’ai d’abord cherché à lutter contre mes rondeurs d’adolescente, puis contre une silhouette alourdie par une alimentation estudiantine. L’installation de ces kilos superflus semblait définitive. Certes, j’ai lutté, mollement je dirai, plus par convention que par conviction réelle. J’aimais trop les bons plats et les choses interdites. Disons que ne cherchant pas à être top model, j’avais conscience que mon corps n’était pas non plus mon atout principal. Aujourd’hui, juste  « avant » plutôt, j’étais comme toute femme peu satisfaite de son corps, malgré les paroles réconfortantes de l’homme qui partage ma vie. Mais enfin, j’avais  appris à vivre avec et à l’aimer. Ainsi, nous vivions ensemble une sorte d’armistice heureuse. La grossesse est venue déterrer la hache de guerre, poussant mon corps et ma résistance dans leurs plus lointains retranchements. Ce n’est pas facile, surtout après une négociation de plusieurs années,  de parvenir enfin à cet armistice. Mais enfin, passés les premiers mois et les rondeurs partout, c’est plutôt mon ventre qui a pris et je trouve ça plutôt beau. Je ne suis pas obsédée par mon corps. Mais lorsque l’on m’a rétorqué, un jour où je tentais de dire ma difficulté à vivre cet état de grossesse, que c’était parce que je refusais de quitter mon corps et ma vie de jeune fille insouciante, et qu’encore une fois c’était dit par une femme, j’ai eu à nouveau conscience de briser un tabou, de trahir toutes les femmes qui avaient déjà enfanté. Comme si un accord tacite et millénaire liaient les femmes les unes aux autres pour trouver tout cela magnifique, merveilleux, épanouissant. Personnellement, la cellulite et les vergetures ne m’épanouissent pas. Et sentir son corps vieillir, s’affaisser, s’abîmer d’un coup, ne peut faire plaisir à personne.

Alors peut être suis-je une ingrate, qui ne sais pas considérer sa chance ? Chance de porter la vie, de concevoir la plus belle des merveilles. Peut-être. Je sais que beaucoup de gens seraient tellement heureux d’être à ma place, je sais que certains souffrent terriblement de ce manque. Je sais, je compatis, je pense que je peux imaginer ce qu’ils ressentent. Mais là encore je vais vous choquer, dit-on à quelqu’un malade de la grippe, qu’il ne devrait pas se plaindre parce que certains meurent du cancer au même moment ? J’exagère je sais, mais pourquoi est-ce que l’on m’a répondu, lorsque durant les premiers mois de ma grossesse je faisais timidement une nouvelle tentative pour partager mon désarroi et ma souffrance : « tu devrais t’estimer heureuse, des milliers de femmes rêveraient d’être à ta place ! » ? Et que ca ait été dit, à nouveau, par une femme. Le tabou, toujours…

Aujourd’hui, il me reste seulement quelques semaines avant le terme, et j’en profite. Car depuis que je sens le bébé bouger, tout est aussi plus facile, même si ça n’est pas devenu d’un seul coup évident. J’ai aussi compris que je ne pouvais pas tout dire, puisque personne ne voulait vraiment l’entendre. Le tabou est décidément trop fort. J’en ai eu la confirmation lorsque mes confidentes précédentes m’ont tour à tour déclarées - et sans se concerter - « toi tu as de la chance, tu as une grossesse sans problème ». Confirmation qu’elles ne veulent pas comprendre.  Alors je ne le dis plus ; et comme ça va mieux, cela me pose moins de problème. Je ne dirai plus rien, et promis, pour le deuxième, je serai une future mère « hyper épanouie » ! Le pacte sacré a eu raison de moi…


A lire aussi :

Future maman mais pas mémère

Enceinte à Dubai

Le journal de Sabrina, Maman expat' à Dubai

  1. Les + lus
  2. Les + récents